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Entorse de la cheville : Comprendre, prévenir et traiter efficacement

  • Photo du rédacteur: Superkiné
    Superkiné
  • 8 mars 2025
  • 4 min de lecture

Qu'est-ce qu'une Entorse de Cheville ?

À l’extérieur de la cheville (latéral), il y a trois principaux faisceaux ligamentaires :


  • Le ligament talo-fibulaire antérieur

  • Le ligament fibulo-calcanéen moyen

  • Le ligament talo-fibulaire postérieur


À l’intérieur (médial), on retrouve un complexe ligamentaire, appelé ligament deltoïdien, beaucoup plus épais et donc plus résistant.


La stabilité est également assurée par les muscles périarticulaires, notamment les péroniers latéraux (court et long), qui participent au réflexe de protection de la cheville.


Une entorse de cheville est un étirement ou un déchirement des ligaments de l’articulation, souvent causé par un mouvement d’inversion. L’entorse la plus fréquente est bénigne et concerne les ligaments externes.

Physiopathologie : Impact sur la proprioception et l'instabilité fonctionnelle

Une entorse peut entraîner une désafférentation proprioceptive, c'est-à-dire une perturbation des mécanorécepteurs des ligaments, impactant la stabilité fonctionnelle de la cheville même si la stabilité mécanique semble intacte. Cela explique pourquoi certaines entorses peuvent évoluer vers une instabilité chronique.


Quels sont les stades de gravité ?

La gravité de l’entorse dépend du degré d’atteinte ligamentaire :


  • Stade 0 : Étirement du faisceau antérieur du ligament latéral externe (LLE), sans rupture ni arrachement.

  • Stade 1 : Rupture du faisceau antérieur avec distension ou déchirure du faisceau moyen.

  • Stade 2 : Rupture du faisceau antérieur et moyen.

  • Stade 3 (rare) : Rupture des trois faisceaux du ligament latéral externe (LLE), avec risque de complications associées (arrachement osseux, lésions tendineuses).


Lors des trois derniers stades, il peut y avoir un arrachement osseux ou des lésions tendineuses (touchant souvent le court et long péronier latéral). En cas d’arrachement osseux, un plâtrage peut être nécessaire.


Quels sont les symptômes d'une entorse de cheville ?

Les signes courants d'une entorse de cheville incluent :

  • Douleur immédiate (évolution en trois phases : douleur initiale, réduction temporaire, recrudescence tardive)

  • Gonflement rapide (modéré et diffus pour une entorse bénigne, œdème volumineux immédiat pour une entorse grave)

  • Hématome (apparaissant après 24-48h, localisé sous la malléole externe ou plus diffus dans la voûte plantaire)

  • Impotence fonctionnelle (difficulté à poser le pied au sol, proportionnelle à la gravité de l'entorse)

  • Craquement audible (présent parfois, sans être un critère diagnostique absolu)


Plus les symptômes sont importants plus l’entorse est à un stade avancé (mais pas toujours car il y à une différence inter-individuelle)


Critères d'Ottawa : Quand réaliser une radiographie ?

Les règles d’Ottawa permettent de déterminer si une radiographie est nécessaire pour exclure une fracture. Une radiographie est indiquée si le patient présente :


  • Une incapacité à mettre du poids sur la cheville immédiatement après le traumatisme et après 4 pas.

  • Une douleur à la palpation de la malléole interne ou externe.

  • Une douleur à la palpation de la base du 5e métatarsien ou de l’os naviculaire.


Si aucun de ces critères n’est rempli, une radiographie n’est généralement pas nécessaire.


Traitement : Fonctionnel, orthopédique ou chirurgical ?

Dans un premier temps, il sera nécessaire de réaliser le « BREF » :

  • B = Bandage, pour comprimer et immobiliser temporairement

  • R = Repos, éviter de solliciter la cheville en appui

  • E = Elévation, pour diminuer le gonflement

  • F = Froid, pour réaliser une vasoconstriction et diminuer le gonflement


Traitement fonctionnel

  • Strapping ou taping : Stabilisation de l'articulation tout en permettant une reprise d’activité progressive.

  • Attelle bimalléolaire en U : Apporte une meilleure immobilisation pour les entorses modérées à graves.

  • Chevillères souples avec sangles : Protection lors de la reprise d’appui et prévention des récidives.


Traitement orthopédique

  • Attelle résine ou plâtre : Indiqué en cas d’arrachement osseux ou d’entorse très sévère.

  • Immobilisation stricte : Durée de 4 à 6 semaines pour assurer une cicatrisation optimale.


Traitement chirurgical

  • Indiqué pour les instabilités chroniques, les ruptures ligamentaires graves ou les luxations récidivantes des péroniers latéraux.

  • Techniques possibles : réparation ligamentaire directe (Broström-Gould) ou plastie ligamentaire.



Rééducation approfondie

La rééducation suit différentes phases :


Phase 1 : Inflammatoire aiguë (J1 à J3)

  • Objectifs : protéger les tissus lésés, limiter l'œdème, entretenir la mobilité articulaire.

  • Moyens : cryothérapie, drainage lymphatique, électrothérapie antalgique.


Phase 2 : Prolifération (J4 à J30)

  • Objectifs : récupération progressive des amplitudes articulaires et de la mise en charge.

  • Moyens : renforcement musculaire en isométrique, proprioception sur plans stables.


Phase 3 : Maturation et remodelage (J31 à J60)

  • Objectifs : reprise de la marche sans douleur, récupération complète des amplitudes et de la force musculaire.

  • Moyens : exercices en charge, proprioception avancée sur plans instables.


Phase 4 : Consolidation (J61 à J90)

  • Objectifs : retour à l'activité sportive avec renforcement spécifique.

  • Moyens : travail excentrique, pliométrie, simulation des gestes sportifs.


Phase 5 : Ré-athlétisation (J91 à J120)

  • Objectifs : récupération complète des capacités sportives.

  • Moyens : exercices intensifiés, travail de réactivité et de vitesse.


Complications possibles

  • Entorses récidivantes : Insuffisance de rééducation proprioceptive entraînant une instabilité chronique.

  • Lésions ostéochondrales : Atteinte du cartilage pouvant provoquer des douleurs persistantes.

  • Luxation des péroniers latéraux : Instabilité tendineuse nécessitant parfois une intervention chirurgicale.

  • Syndrome du sinus du tarse : Douleur persistante post-entorse nécessitant un traitement spécifique.


Conclusion

L'entorse de la cheville est une blessure fréquente, mais une prise en charge adaptée permet une récupération optimale. Grâce à une bonne rééducation et à des mesures préventives, il est possible de reprendre ses activités en toute sécurité. En cas de douleur persistante ou d’instabilité chronique, une consultation spécialisée est recommandée pour éviter les complications à long terme. Pour un accompagnement personnalisé, des conseils spécialisés et des exercices adaptés, superkiné.fr propose des ressources détaillées pour optimiser la rééducation et prévenir les récidives.


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